Un poilu de 14-18

    

      Je savais peu de choses sur mon grand père (le père de ma mère ) mort à la guerre 14-18 ; j ’avais quelques souvenirs que ma grand mère m’a raconté . J’ai voulu savoir le lieu de sa sépulture et , comme ça , en piochant, avec l’histoire du Régiment, avec quelques documents et photos de famille, je crois avoir approché au plus prés la courte vie d’un homme décédé il y plus de 90 ans , mon aïeul .

  J. P. Delory                                                                                                     

 

 

                                                           

 

 

 

 

 

       LEROY Jacques Philippe né le 19 avril 1886 à Cerisy-Gailly, Somme

     Domicile : rue des chanoines à Picquigny

     Matricule 01051/1158 - classe 1906 - recrutement Amiens

     2ème classe - 72ème Régiment d’Infanterie - 6ème Compagnie

     Tué à l’ennemi le 25 février 1915 à Mesnil les hurlus, Marne

          Inscrit sur : le livre d’Or

                              le monument aux morts

                              la plaque commémorative à l’église

Citation au Régiment : « S’est couvert de gloire dans les attaques du Mesnil  »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                            biographie de Jacques  LEROY

 

 

 

 

 

                                                                  A  sa  mémoire

 

 

 

 

        " Je vous dis au revoir , mais je crois que je ne vous reverrai pas ! " ,  ce sont les dernières paroles que ce permissionnaire  dit à sa famille en repartant au front 

.                                                            Histoire d’un «  poilu » de Picquigny

        Jacques LEROY , soldat de la Grande Guerre , mobilisé en 1914 comme tant d’autres

a quitté son village, laissant sa famille , son travail , ses amis , pour ne plus revenir .

        Originaire de Cerisy-Gailly , petite commune du Santerre ,il est né d’une mère célibataire . Sa vie d’écolier et d’adolescent n’est pas connue , mais il a eu toutefois une bonne instuction, ses lettres de militaire en attesteront .

        Toujours est-il qu’il se retrouve à Fourdrinoy avant ses 20 ans , certainement ayant trouvé là un travail de journalier .

        Il fait la connaissance d’une fille de la Chaussée-Tirancourt , Gabrielle Dufrénoy qu’il épouse le 17 Novembre 1910 . Jacques vient juste de terminer en Septembre son service militaire qu’il a effectué à Compiégne au 5

ème Régiment de Dragons ,2ème Escadron de Cavalerie , avec certificat de bonne conduite .

En 1911 le couple s’installe à Picquigny , dans une petite maison de la rue de la vigne . Jacques a trouvé un travail à la scierie Pauchet qui est installée sur le bord du canal ; les grumes arrivent par péniche et le déchargement est manuel , mais Jacques est un solide gaillard . ( curieuse coincidence , son petit fils , Jacques Leroy également , travaillera comme menuisier dans les années 50 aux années 70 dans cet établissement devenu la menuiserie Rambure ) .

Trois enfants naissent , Germaine en 1911 , habitera toujours à Picquigny , sera une figure locale puisqu’elle tiendra un café pendant une bonne quarantaine d’années : le café des voyageurs ,chez Germaine , le P M U actuel .

Georges né en 1913 , ancien combattant 39-45 , prisonnier de guerre pendant 5 ans , fera une carrière dans la police .

Marie Louise ma mère ,née en Mai 1915 , ne connaîtra pas son père , mort au front 2 mois auparavant ; elle sera cultivatrice à Picquigny .

                                                                            La guerre

                , le 72 ème R. I.

En 1914 , la guerre éclate avec l’Allemagne , Jacques a 28 ans ; mobilisation générale , il rejoint le 72 ème R. I. , régiment Picard à Amiens , caserne Friand .

Le régiment est commandé par le Colonel Toulorge , la 6 ème Compagnie dont fait partie Jacques est commandée par le Capitaine Didier ,les chefs de sections , sont les Sous-Lieutenant Petit , Fillol , et Minvielle .

Le régiment part le 5 Aout 1914 , il se rend en Belgique , livre bataille les 22 , 23 ,24 à Virton , puis Cesse ;. Il est obligé de battre en retraite devant la puissance Allemande .

En Septembre 14 , la 5ème et la 6ème Cie défendent Pargny sur Saule ; bataille est livrée à

Le Buisson sur saule dans des combats très violents .

Bataille à Servo ,

Le 72 ème se positionne en foret d’Argonne , au bois de la gruerie :

De septembre à Octobre , repousse les attaques dans le secteur du Four de Paris

Du 2 au 11 Novembre , bataille à St Hubert ( le 3 , la 6ème Cie reprend les tranchées de St Hubert et Four )

Entre le 24 et le 29 Novembre , échec des Allemands face au 72ème R. I. dans le secteur de Fontaine aux charmes

Le régiment est mis au repos le 15 Janvier

Février 1915 , la Champagne

En Février , Mars le 72ème R. I. prend part à la grande offensive en Champagne , combats de Tahure , Souains , Navarin , Mesnil les Hurlus .

Au nord de Mesnil les Hurlus , sous un feu terrible de mitrailleuses et d’artillerie le régiment monte à l’assaut plusieurs fois , le sol est jonché de morts et de blessés

Le 22 Février attaque des tranchées dans le secteur du bois jaune brûlé , le 23 le 3ème Bataillon prend pied dans la partie méridionale du bois

Le 24 nouvelles attaques., nouveaux progrès

Le 25 nouvelle progression sous un déluge de feu , Jacques Leroy est tué en héros face à l’ennemi . Son corps n’est pas identifiable , il sera donc inhumé avec des millers d’autres inconnus dans un ossuaire .

Il se trouve dans la nécropole Nationale «  Le Pont du Marson » , prés de Minaucourt les Hurlus .

                     Décorations : Croix de Guerre , Médaille Militaire , Médaille Interalliée de la Victoire

Une vie s’est arrêtée à 29 ans , laissant sa femme et ses trois enfants qui ont vécu dans son souvenir entretenu dignement par son épouse , ma grand mère

Je suis heureux d’avoir rassemblé ces éléments , ces bribes de vie , reconstitué son parcours ,afin de perpétuer son souvenir et d’honorer sa mémoire

Je participe chaque année aux commémorations du 11 Novembre et du 8 Mai , et c’est toujours avec une certaine émotion que je regarde ce nom gravé dans la pierre au milieu de dizaines d’autres de son village , le visage de ce jeune homme , mon grand père , m’apparaît , et il me semble lire dans ce regard droit et loyal toute la tristesse d’une vie écourtée .

                                cliquer sur  2  :  photos de Jacques

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Dernière mise à jour de cette page le 13/11/2009

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