Les usines textiles à Picquigny, Bernheim

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L'usine de la catiche, le tissage

 

- en 1864, une usine de tissage a été créée par Richard Laurent au lieu dit " la catiche "

-en 1871, elle est reprise par Roche-Flament et Cie , on y fabrique des sacs de toile en jute

- en 1894, elle devient Dumas-Noirot-Leridais

- en 1896, l'usine est reprise par Bernheim frères et Cie

- en 1934 devient S.A.R.L.

- après guerre, c' est la S.A. de la catiche

- fermeture de l'usine en 1957

               Dernier occupant :

               La société de fabrication de matériel d'éclairage " Néon-Lumière "qui a exploité pendant quelques années une partie des bâtiments.

catiche-le-tissage.jpg  Vue de l'usine, prise du haut du talus qu'on appelle "la falaise ",  en bas la route de St Pierre

 

  Une bonne partie de l'usine, avec sa grande cheminée. Devant des magasins, du stockage, derrière les ateliers de

couture, les bureaux avec leur toit à quatre pans,  le tissage au fond,  sur la gauche des ateliers et la forge , au fond

derrière la cheminée les bâtiments de la sacherie.

 

usine-et-hospice.jpg  Sur cette photo plus récente on voit le grand hangar de stockage qui a été ajouté dans les années 50. On aperçoit

  à droite la maison du concierge, à ce niveau une grille fermait l'entrée de l'usine .

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       Souvenir : la fille d'une ancienne ouvrière du tissage raconte : lors des terribles inondations aux Pays -Bas en

       1953, ma mère a travaillé plus de 15 heures par jour pour produire assez de sacs, ils étaient envoyés dans la

       région inondée, remplis de sable, ils servaient à colmater les digues.

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   sac-en-jute.jpg                                       Type de sacs fabriqués

                  Très résistants, pratiques, ils servaient à transporter toutes

                   sortes de marchandise,  blé, céréales, pommes de terre

                    sucre,  charbon, engrais, etc.

                                                                                     ( ce genre de sac contenait 80 kg de blé ou 100kg d'engrais )

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                                                     des ouvriers de La Catiche dans les années 50

Ouvriers

                        Marie Leroux,.................., Georgette Soyer                                    Yves Humez, Robert Koenig, Aimé Landsheere, Max Merchez

                      Yvonne Rousseau, Florentine Chirault, Lucette Bonnard                                       Nadine Bonnard, Denise Chirault, Simone Cadinot


 

                                                            

  L'usine de la rue d'Amiens, le parage

 

 - en 1863 des négociants parisiens Dutocq et Flament créent une une sucrerie rue d'Amiens

 - en 1873, cette sucrerie rue d'Amiens est reconvertie en usine textile par Thuillier, Sueur et Bouthors

  En 1895 elle est utilisée principalement pour le tissage par Hubert et Pouzet , puis par Bouthors fils et Locquet

 Au début des années 1900  elle devient une filature de lin et de jute " Snowden Tanguy et Cie ",

  Elle sera rattachée plus tard à l'usine Bernheim de la Catiche pour assurer le parage.

  Les ateliers de fabrication sont convertis en conserverie

 Elle servira ensuite essentiellement d'entrepôts, il y aura le garage aux camions, elle disposait d'une pompe à essence

 

                                                              


 

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                                                                                                              Stockage des ballots

                                          de jute

 

 

 

 

 

L'usine de la rue du marais, la filature

 

Pendant la 1ère guerre mondiale (1914-18), à l'endroit d'une ancienne cidrerie rue du marais, la société Bernheim installera une filature.  Il y aura le logement du patron, et des logements d'ouvriers seront construits ( la cité )

La ligne S N C F  Paris - Calais jouxtant l'usine, un  raccordement a été réalisé et une voie de garage pour les wagons permettait l'arrivée et le départ des marchandises par voie ferrée

( Un ancien ouvrier du tissage, Julien Rousseaux nous signale qu'il

s'est produit deux incendies dans les ateliers de la filature )

 

 

 

 

 

 

 

Sur chaque site il y avait la maison du concierge . Des centaines de personnes  hommes et femmes ) travaillaient dans ces usines venant  de Picquigny et des communes voisines, payés à la " quinzaine " . Il y avait des emplois pour qui voulait . Je me souviens que certains de mes amis écoliers n'ont pas attendus de passer le certificat d'études à 14 ans pour rentrer à l'usine .

Beaucoup de corps de métiers étaient pratiqués, ça allait des tisserands, fileurs, couturières ( beaucoup travaillaient au rendement) , aux mécaniciens, magasiniers, chauffeurs (à la chaufferie), conducteurs de camions, contremaitres. Peu de personnes au bureau, j'ai connu un comptable J. M. Ducauroy, et un directeur Léonce Daboval ( que certains appelaient t'chot père ), c'était un petit Monsieur coiffé d'une casquette, on le rencontrait se rendant d'une usine à l'autre à pied, sans hâte, une main derrière le dos . Il sera remplacé par Marcel Daboval. Un sous-directeur Deblangy .

Le cornet ( la sirène ) retentissait pour le début et la fin du travail, une foule pressée entrait ou sortait de l'usine ( la fabrique, comme on disait alors ), les premiers à bicyclette, il n'y avait pas une voiture . Des cafés se trouvant à proximité, certains s'arrêtaient pour prendre un réconfortant .

La vie était simple pour ces gens qui faisaient des journées de 10 h,  5 jours par semaine, des loisirs communs, tout le monde faisait un jardin et dans les cours il y avait souvent quelques poules et lapins . Comme distractions, la pèche, la chasse, et de nombreuses sociétés qui fonctionnaient bien comme le foot-ball, le ballon au poing, l'harmonie,le club de gymnastique, etc.

Particularité à l'usine de la catiche ( implantée en bordure de la Somme) : un bras de Somme traversait l'usine (  formant une île, un pont métallique reliait les deux parties. La Somme s'appelait à cet endroit " la rivière du moulin à huile " . Des vestiges d'un moulin subsistaient et il y avait encore dans les années 1945-50 une roue à aubes . Le cours d'eau a été rebouché avec les déblais de la destruction de l'usine .

 

filature.jpgancienne-turbine.jpg             la salle des machines                                                                                       ancienne turbine      

                                   


                                                                         Fessier firminjoelle-filature.jpg

 

 

 

 

 

 

 

mécaniciens à la catiche:André Fessier et Firmin                                                             une équipe d'ouvriers à la filature

 

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    Extrait du livre de André SEHET : 

                  La vie à Picquigny et dans les villages voisins en 1900

                              ces informations sont tirées du "Journal de Picquigny" de cette époque

entete-courrier.jpggreves-chez-bernheim.jpg                                                                          

                                                                                                      



 

 Dans les années 1980 l'usine de la catiche devient une friche industrielle . Subsiste le hangar de stockage ( sur la droite ),

 .les bureaux (au milieu) qui seront bientôt rasés et la sacherie (au fond) .  Disparus : la grande cheminée,  les

longs bâtiments du tissage, les ateliers de couture, de mécanique et la forge .

Derrière les bureaux passait un bras de Somme qu'un pont en bois traversait, ce cours d'eau avait sa roue à aubes ,il

passait devant les bâtiments du fond pour rejoindre la vieille Somme.

 

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             Actuellement le bâtiment au fond est occupé par le club de canoé-kayac .

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Date de dernière mise à jour : 27/01/2014